Visuel officiel de l’exposition Abstraction, abstractions !, commissariée par Thierry Davila

Courtesy de l’artiste et de la galerie Michel Rein (Paris/Bruxelles).
Collection Michel Rein (Paris).
Vue de l’exposition Objectif : société (Variations Goldberg) d’Edgar Sarin, Le Grand Café – centre d’art contemporain, Saint-Nazaire, 2023.
Photographie : Fanny Trichet

Artistes : Nicolas Aiello, Francis Alÿs, William Anastasi, Silvia Bächli, Katinka Bock, Philippe Decrauzat, Philippe Gronon, Jacques Julien, Ad Minoliti, Pascal Pinaud, Delphine Reist, Emma Reyes, Christian Robert-Tissot, Edgar Sarin, Alain Séchas, Agnès Thurnauer, Franz Erhard Walther / Commissaire : Thierry Davila

L’exposition Abstraction, abstractions ! se propose d’explorer la vitalité d’une des pratiques fondatrices de l’histoire de l’art moderne et contemporain en posant des questions simples : que reste-t-il aujourd’hui de l’abstraction ? Quelles formes prend-elle ? Comment se réinvente-t-elle ou se déploie-t-elle dans la création actuelle ? À travers une sélection d’œuvres réalisées depuis la fin du XXe siècle jusqu’à nos jours, Thierry Davila, historien de l’art et conservateur de musée, commissaire de cette exposition, propose une traversée critique et sensible d’un territoire aussi vaste qu’insaisissable.

L’exposition ne cherche pas à figer l’abstraction dans une définition unique — d’où son titre au pluriel, vibrant comme un écho démultiplié. Elle y est envisagée comme un champ mouvant, traversé par des intentions diverses, des formes hétérogènes et des géographies éloignées. Elle peut être rigoureuse ou intuitive, picturale ou sculpturale, radicale ou décorative, critique ou poétique.

Philippe Decrauzat et Ad Minoliti, par exemple, explorent l’abstraction chromatique et optique, jouant sur la couleur, la géométrie et les illusions visuelles pour créer des expériences sensorielles intenses. Dans un registre sculptural, Katinka Bock et Franz Erhard Walther investissent l’espace avec des matériaux bruts (le métal, le coton brut, le cuivre, la terre cuite), produisant des structures modulables qui interrogent la matérialité des formes et l’engagement corporel du spectateur. Jacques Julien et Pascal Pinaud, quant à eux, développent des dispositifs abstraits (des alphabets d’objets, pour le premier, et des constructions puissamment décoratives, pour le second), tandis que William Anastasi et Edgar Sarin transforment le hasard en paysage linéaire intense et la répétition du geste en action picturale. Silvia Bächli, de son côté, travaille la couleur et le geste graphique d’une manière à la fois intuitive et construite, pour en révéler les subtiles variations. Christian Robert-Tissot utilise la lettre et le mot comme outils de mémoire, mais aussi comme activateurs de présence, produisant des images qui ne sont ni abstraites, ni figuratives.
Emma Reyes développe une figuration puissamment construite, à la limite de l’abstraction, de même qu’une abstraction colorée très dense. Agnès Thurnauer propose notamment un ensemble de tableaux construits autour d’un seul et même motif qui sont autant de variations abstraites potentiellement infinies. Alain Séchas traite le plus simple des gestes – tracer une ligne – d’une manière picturale, tandis que Delphine Reist explore l’espace à partir de dispositifs ludiques qui sont en profonde résonance avec l’histoire de l’abstraction (le cercle, la ligne).

Nicolas Aiello crée un dessin paysage à partir d’un geste minutieux et minéral, proposant ainsi une manière de dispositif graphique archéologique, et Francis Alÿs mêle performance et geste pictural étendu à l’échelle d’une ville, dans une vidéo qui réinvente plastiquement la figure de l’homme qui marche. Enfin Philippe Gronon photographie les objets à l’échelle 1:1 pour les transformer en purs et simples monochromes.   

L’exposition explore ainsi les multiples facettes de l’abstraction, langage visuel devenu dans l’histoire plus qu’un style, une attitude, une façon de faire. Le parcours propose une cartographie ouverte, transgénérationnelle et transnationale, associant figures établies et artistes moins connus du public français. Chaque œuvre dialogue avec ses voisines tout en affirmant sa singularité : les surfaces géométriques et colorées de Decrauzat et Minoliti répondent aux explorations tridimensionnelles de Bock et Walther ; les interventions processuelles d’Anastasi se mêlent aux investigations sur le langage et sur la géologie graphique de Christian Robert-Tissot et Nicolas Aiello, tandis que les tableaux de Reyes et Thurnauer proposent, chacun à sa façon, une manière d’abstraction organique.

Abstraction, abstractions ! clôt la saison 8TER Nos maisons apparentées et s’inscrit dans la continuité des saisons et expositions précédentes aux Tanneries, poursuivant le dialogue avec l’histoire artistique du centre autour de la couleur, du geste, des formes et de l’espace. Elle résonne avec Hommage à Claude Pasquer, inaugurant la saison Nos maisons apparentées 8TER (1/11/2025–4/01/2026), qui mettait en lumière la rigueur et la poésie de l’art concret de Pasquer. Elle prolonge Tableaux manquants de Bruno Rousselot (19/10/2024–22/12/2024), où l’abstraction colorée et structurée engageait le regard dans un continuum perceptif.

L’exposition retrouve également l’esprit ludique et modulaire de Présence du couple Les Simonnet (8/10/2022–18/12/2022), et s’inscrit dans la filiation des grandes expositions collectives du centre, de Histoire des formes (25/09/2016–12/03/2017), qui posait l’abstraction comme principe de mise en forme et de perception sensible, à Formes d’histoires (28/04/2018–2/09/2018), où le récit et la narration prenaient place au cœur de l’exposition.

Au-delà du discours, l’exposition est pensée comme un objet global et sensible, une fête pour le regard, un dialogue de formes et de couleurs sollicitant l’œil autant que l’esprit. Elle célèbre, à travers plusieurs œuvres proposées de chaque artiste invité, la vitalité persistante de l’abstraction, sa capacité à émouvoir, surprendre et questionner. Chaque œuvre y affirme sa singularité tout en dialoguant avec l’ensemble, dessinant les contours mouvants d’un langage en perpétuelle réinvention. Abstraction, abstractions ! ouvre un champ d’exploration où peinture, sculpture, installation, dessin, vidéo et performance se répondent, célébrant une abstraction libre, sensorielle et critique, toujours en devenir et surtout pas figée – pétrifiée – dans la mémoire de son histoire. 

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VERNISSAGE SAMEDI 30 MAI  2026 DÈS 14H30

>> NAVETTE GRATUITE GARE DE MONTARGIS < > LES TANNERIES
Aller : départ depuis la gare de Montargis, côté rue Saint-Laurent (gare routière) à 15h15 (en lien avec le TER au départ de Gare Paris-Bercy à 14h11 < > arrivée Gare de Montargis à 15h08)
Retour : départ depuis Les Tanneries à 19h (en lien avec le TER Gare de Montargis, départ 19h50 < > Gare de Paris-Bercy, arrivée 20h49)

Inscription aux navettes obligatoire avant le 27 mai 2026. Pour réserver une ou plusieurs places, veuillez communiquer votre nom et numéro de téléphone par mail ou par téléphone : contact-tanneries@amilly45.fr / 02.38.85.28.50

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Les artistes programmé.e.s au fil de la saison #8Ter – Nos maisons apparentées 

Cycle 1
1er novembre 2025 : Inauguration de la troisième saison artistique d’un cycle de programmation de trois années intitulé Nos maisons apparentées
*Exposition Hommage de Claude Pasquer, Galerie Haute, jusqu’au 4 janvier 2026.
Dans le cadre du Festival AR(t]CHIPEL 2025, porté par la Région Centre-Val de Loire, en collaboration avec le Centre Pompidou.

22 novembre 2025
*Exposition L’intimité des temps de Claire Trotignon, Verrière et Petite Galerie, jusqu’au 1 février 2026.

*Exposition Shooting star de Boris Chouvellon, Grande Halle, jusqu’au 12 avril 2026.

Cycle 2
7 février 2026
*Exposition Chambres avec vues de Florence Chevallier, commissariat Fabrice Bourlez, Galerie Haute, jusqu’au 12 avril 2026.

28 février 2026
*Exposition Dispositifs-mondes de Camille Sauer dans le cadre de sa résidence territoriale initiée en septembre 2025, Verrière et Petite Galerie, visible jusqu’au 26 avril 2026.

Cycle 3
30 mai 2026
*Exposition Ab
straction, abstractions !, commissariat de Thierry Davila, Grande Halle, Galerie Haute, Petite Galerie, Verrière, visible jusqu’au 30 août 2026.

27 et 28 juin 2026 (sous réserve)
* Les (F)estivales 2026 week-end estival de rencontres artistiques, de performances, de concerts et de projections.

Cette saison 8Ter sera ponctuée, comme les saisons précédentes, de rencontres avec les habitants du territoire Loirétain, traduisant l’engagement du Centre d’art contemporain d’intérêt national à être impliqué fortement sur son territoire. Pour cela le Centre d’art contemporain accueille Camille Sauer en résidence territoriale dès à présent. Dans le rapport de proximité permis par ces dispositifs, elle interroge les façons d’habiter nos espaces de vie à travers des temps croisés de création et de pensée.