SŒUR DE NUIT
Du 17 octobre 2026 au 28 février 2027Visuel officiel de l’exposition Sœur de nuit
Visuel : Tulipe #7 (détail), 2025
©Éléonore False, Adagp, 2026
Crédit photo : Aurélien Mole
Du 17 octobre 2026 au 28 février 2027, le centre d’art contemporain Les Tanneries présente Sœur de nuit, une exposition personnelle d’Éléonore False.
Entre apparition et effacement, les images occupent une place essentielle dans le travail d’Éléonore False, dans un espace où l’imaginaire et le réel se superposent. Sœur de nuit s’inscrit dans un projet développé conjointement avec le CCC OD de Tours, dont Sœur de jour, présentée du 6 mars au 20 septembre 2026, constituait le premier chapitre.
Pensées comme deux expositions sœurs, dans des atmosphères distinctes, ces propositions prennent appui sur certaines présences communes – œuvres, matières, tapis – dans un principe d’apparentement repris et retravaillés, tout en développant à Amilly de nouvelles productions. Là où Sœur de jour explorait une dimension ouverte, calme et lumineuse autour de l’intime et du monumental, Sœur de nuit s’aventure vers un territoire plus trouble. Le titre, emprunté à un poème d’Ingeborg Bachmann¹, évoque à la fois le double et la dualité. Il accompagne également la rencontre entre deux lieux aux histoires singulières : le CCC OD, ancienne école d’art devenue centre d’art, et Les Tanneries, ancien site industriel transformé en centre d’art contemporain.
Conçue comme une vaste traversée, l’exposition rassemble des œuvres réalisées entre 2013 et aujourd’hui, auxquelles s’ajoutent plusieurs productions inédites. Plutôt que de retracer un parcours chronologique, Éléonore False y organise des rapprochements inattendus entre différentes périodes de son travail. Des formes anciennes y rencontrent des pièces récentes ; des motifs réapparaissent sous des matières, des échelles ou des configurations renouvelées. L’exposition devient ainsi le lieu où les œuvres poursuivent leur existence, se redécouvrent mutuellement et produisent de nouveaux sens
Au cœur de cette démarche se trouve le collage, envisagé moins comme une technique que comme un principe de composition. Depuis ses premières œuvres, Éléonore False prélève, associe et déplace des formes issues de contextes variés afin de faire émerger de nouvelles correspondances. Les images circulent d’une œuvre à l’autre, changent de statut, de matériau ou d’échelle.
Si Sœur de jour reposait les fondations d’un répertoire de formes déjà clairement identifié, Sœur de nuit les reprend et les retravaille dans une approche renouvelée. Certains éléments du dispositif d’exposition initiale réapparaissent ici transformés par la nouvelle situation dans laquelle ils se signifient, chargés d’une poétique fantastique que l’espace des Tanneries rend possible. Ce que Sœur de jour déployait dans la clarté d’une atmosphère ouverte, Sœur de nuit le fait basculer vers l’étrange et le troublant. La reprise devient alors un acte de métamorphose : de la réappropriation surgit une forme vivante. À l’image de l’œil surpris par la pénombre, qui doit progressivement s’y adapter pour voir autrement, cette transformation ouvre la voie à l’émergence d’un regard autre. Celui-ci se construit dans la durée, au fil d’une habitabilité qui se révèle peu à peu : celle d’une nouvelle demeure.
Aux Tanneries, cette logique de déplacement se prolonge à l’échelle même de l’exposition, où les œuvres entrent en résonance et recomposent sans cesse de nouvelles constellations de formes. Un long voile de tulle noir pailleté traverse l’espace et dessine une succession de seuils, de zones et de passages. Il accompagne le visiteur d’un univers à l’autre, opérant un glissement progressif vers un registre plus fantastique.
La figure humaine, d’abord présente sous des formes fragmentées – silhouettes éclatées, corps morcelés, visages déformés ou démultipliés – s’efface peu à peu au profit d’autres présences. Le parcours s’ouvre alors vers un paysage plus ambigu, peuplé de formes qui semblent osciller entre plusieurs états.
L’œuvre sonore Ombres Roses Ombres du compositeur Nicolas Mollard, créée pour l’exposition Sœur de jour au CCC OD, se transforme et s’enrichit ici pour Sœur de nuit. Une partie de la composition entendue au ccc od disparaît, une autre est conservée, tandis qu’une nouvelle création est réalisée spécifiquement pour l’exposition aux Tanneries.La composition s’est construite en résonance plastique avec le travail d’Éléonore False, jouant sur les textures sonores et les correspondances esthétiques afin d’amplifier la dimension nocturne de l’exposition.
Des sculptures lumineuses (Tulipes, 2026) réalisées pour l’exposition, côtoient des évocations du monde végétal et animal (Z et z, 2019) composant un univers où le vivant apparaît dans des formes mouvantes, tantôt familières, tantôt étranges.
À proximité, de grandes œuvres textiles (Barroco, #1 et #2, 2026), réalisées à partir de vêtements collectés, prolongent cette réflexion sur le corps, la peau et l’ornement. Assemblés, retournés, découpés puis recomposés, les tissus révèlent autant leur surface visible que leur envers, faisant affleurer les traces de gestes, d’usages et de présences passées. Entre parure, enveloppe et paysage, ces pièces prolongent les déplacements et les métamorphoses entre matériaux et représentations qui traversent l’ensemble de l’exposition.
À mesure que le parcours avance, les jeux d’ombres, les effets de transparence et les reflets troublent davantage les repères. La nuit, qui donne son titre à l’exposition, n’est pas seulement un motif : elle devient une condition de perception. Elle ouvre un espace où coexistent fascination et inquiétude, apparition et disparition, rêve et cauchemar. Les œuvres semblent alors osciller entre plusieurs états, comme si aucune forme ne pouvait se fixer durablement (Bouche, nez, effroi, 2021).
Le travail d’Éléonore False s’intéresse depuis longtemps à ce qui échappe aux hiérarchies établies : entre arts décoratifs et beaux-arts, entre artisanat et production industrielle, entre objet usuel et œuvre d’art. Tapisserie, céramique, verre, photographie, impression ou sculpture deviennent les supports d’une même réflexion sur la circulation des formes et leur capacité à traverser les époques, les matières et les imaginaires.
Par son attention aux phénomènes d’apparentement, de transformation et de recomposition, Sœur de nuit trouve une résonance particulière avec Nos Maisons Apparentées, direction artistique développée par Les Tanneries depuis 2023. L’exposition invite ainsi à envisager les images non comme des objets fixes mais comme des formes vivantes, en perpétuel devenir, capables de produire de nouvelles expériences du regard.
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(1) Le titre de l’exposition fait référence à un poème d’Ingeborg Bachmann (1926-1973), poétesse et écrivaine autrichienne, publié dans le recueil Le Temps en sursis (An die Sonne, 1956).
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VERNISSAGE SAMEDI 17 OCTOBRE 2026 DÈS 14H30
>> NAVETTE GRATUITE PARIS < > LES TANNERIES
Aller : départ 5 avenue de la Porte d’Orléans, 75014 Paris, à proximité immédiate de la statue du Général Leclerc, à 13h
Retour : départ depuis Les Tanneries à 19h
>> NAVETTE GRATUITE GARE DE MONTARGIS < > LES TANNERIES
Aller : départ depuis la gare de Montargis à 15h15 (en lien avec le Transilien au départ de Gare de Lyon à 13h08 < > arrivée Gare de Montargis à 14h55)
Retour : départ depuis Les Tanneries à 19h (en lien avec le TER Gare de Montargis, départ 19h53 < > Gare de Paris-Bercy, arrivée 21h22)
Inscription aux navettes obligatoire avant le 14 octobre 2026. Pour réserver une ou plusieurs places, veuillez communiquer votre nom et numéro de téléphone par mail ou par téléphone : contact-tanneries@amilly45.fr / 02.38.85.28.50
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Les artistes programmé.e.s au fil de la saison – L’année des 10 ans
Cycle 1
Ouverture au grand public, le 17 octobre 2026, de l’année anniversaire des 10 ans des Tanneries, dans le cadre du projet artistique Nos maisons apparentées.
*Intervention du collectif KÖRP(Z) à l’occasion de l’ouverture de saison.
*Exposition Sœur de nuit d’Éléonore False, Galerie Haute, jusqu’au28 février 2027. En partenariat avec le Centre de création contemporaine Olivier Debré (CCC OD), à Tours.
*Exposition Floraison froide, The impossibility of maintaining interiority (the house leaks into climate) de Bianca Bondi, Verrière et Petite Galerie, jusqu’au 18 avril 2027.
* Exposition Calder au cœur de la France, Grande Halle, jusqu’au 18 avril 2027. Dans le cadre du Festival AR(t)CHIPEL 2026, porté par la Région Centre-Val de Loire, en collaboration avec le Centre Pompidou, avec le soutien de la Calder Foundation.
* Exposition Café Transversal : Dissections de Javier Carro Temboury, Hall, jusqu’au 7 mars 2027.
Cycle 2
17 avril 2027
*Projet d’exposition d’Edgar Sarin, Grande Halle et, sous réserve, autres espaces, jusqu’au 31 octobre 2027.
*Cette deuxième phase de la programmation artistique sera également marquée par le premier temps de la résidence territoriale de Morvarid K., initiée en janvier 2027 et qui se poursuivra jusqu’en juin 2027.
*La présence de Javier Carro Temboury se prolongera par ailleurs à l’occasion de la Fête du Gros Moulin, événement emblématique de la vie locale d’Amilly, prévu en mars 2027 (date sous réserve). Les Tanneries ouvriront leurs portes à cette occasion et l’artiste clôturera son exposition dans le Hall durant ce même week-end.
Cycle 3
5 juin 2027
*Projet ¡VIVA VILLA!, avec Paul Maheke (Villa Médicis), Naomi Maury (Casa de Velázquez), Enrique Ramírez (Villa Médicis), Adrien Vescovi (Casa de Velázquez), Grande Halle et, sous réserve, autres espaces, jusqu’au 2 janvier 2028.
Dans le cadre de ¡VIVA VILLA!, plateforme nationale de soutien à la création contemporaine portée par le réseau des résidences françaises à l’étranger : Casa de Velázquez, Villa Kujoyama, Villa Médicis et Villa Albertine.
*Exposition La matière du temps de Morvarid K., Verrière et Petite Galerie, jusqu’au 17 octobre 2027.
Cette exposition s’inscrit dans le cadre de sa résidence territoriale et du Bicentenaire de la Photographie, célébration nationale portée par le ministère de la Culture du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027.
*Les (F)estivales 2027, les 26 et 27 juin
Week-end estival consacré aux rencontres artistiques, aux performances, aux concerts et aux projections.